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11 juill. 2013

Danakil, 13 ans, et la passion est toujours là

Danakil a quitté Paname pour nous rendre une petite visite de l’autre côté de l’Atlantique. Après des dates en Californie, un passage au Club Balattou et à Québec, le groupe de reggae parisien est venu enflammer La Tulipe dans le cadre du Festival Nuits d’Afrique. L’occasion était trop parfaite. Si bien que je n’ai pu résister à l’envie de couvrir l’événement. Des fois, il faut savoir lier l’utile à l’agréable.


Danakil, c’est une bande de potes qui se sont rencontrés au lycée et qui ne se sont jamais quittés. Treize ans déjà. J’ai pu rencontrer Balik, chanteur du groupe. Son retour sur ces treize années d’existence est révélateur. 

Quand je lui ai demandé de résumer son expérience au sein du groupe, en un mot qui plus est, c’est Passion qui l’a emporté. Vivre de sa musique, ce n’est pas évident, et pendant les dix premières années, Danakil, c’était plutôt un hobby. Et même lorsque c’est devenu un métier, la passion est restée.


De la passion, je pense qu’on en trouvera dans leur quatrième album qui est actuellement en préparation. Le nom n’est pas encore trouvé, mais mardi soir, on a eu droit à quelques titres en exclu, dont un, écrit une dizaine de jours plus tôt qui m’a vraiment fait triper et qui répond au doux nom de « Ne touche pas »

On y parle de respect de la dignité de chacun, de l’identité ou encore de la personnalité. Au bout du compte, avec ce morceau, Balik et Natty Jean nous ont donné une belle leçon d’humanité que j’ai hâte de pouvoir réécouter.


Si ce titre est en français comme une grosse majorité des morceaux du groupe, il sera possible de retrouver certains textes en anglais dans le nouvel opus qui sortira au printemps 2014. Car si Danakil a su forger son identité sur des titres engagés écrits en français, un certain nombre de rencontres musicales les ont amenés à composer en anglais pour ce nouveau projet. 

La langue de prédilection du groupe leur ouvre d’ailleurs des portes dans le monde de la francophonie, leur permettant notamment de jouer en Belgique, en Nouvelle-Calédonie ou encore à la Réunion. Dans les pays non francophones, si la langue peut présenter une barrière, Balik m’explique que le groupe en profite alors pour se concentrer sur la musique de façon à toucher un public qui ne comprend pas forcément la langue. Danakil a alors pu se produire devant un public californien ou encore allemand.

Vous l’aurez compris, j’ai hâte que le printemps 2014 s’en vienne pour pouvoir porter une oreille attentive à la nouvelle production du groupe. Mais pour tout de suite, parlons donc festival. Car Danakil, c’est avant tout un groupe de scène, et les festivals, ça les connaît. Pour Balik, ça représente un moment de partage entre potes ou en famille, au retour des beaux jours. Il s’y installe une certaine mystique entre les personnes qui chantent sur scène, ceux qui chantent dans le public, et c’est ça qui, selon lui, fait que tous les artistes ont cette envie de se produire sur scène.


Toujours est-il que cette synergie doit être aussi présente au Québec, puisque ce n’est pas la première fois que le groupe joue dans la Belle Province. L’histoire a commencé en 2011 avec un passage aux Francofolies. En 2012, c’était le tour du Festival de jazz. En 2013, on a pu retrouver la formation Danakil sur la scène du Festival de jazz avec Natty Jean, cette fois, venue pour porter son projet solo. Et finalement, il y a eu le concert à La Tulipe, qui s’est révélé être un petit test pour le groupe, étant donné que c’était la première date payante de Danakil à Montréal.



Mardi soir, nous avons pu assister à un très bon show. L’ambiance était présente aussi bien sur scène que dans la salle. (Le nombre de photos ratées pour cause de tête dans le cadre ou de mains volantes en est la preuve). 

On aura eu le droit aux classiques comme Quitter Paname, Classical mission, Champ de Rose ou encore Marley et ses foules qui se déchaînent, mais aussi à la reprise phare de Non, Je ne regrette rien qui nous rappelle à chaque fois la puissance des textes de Piaf

D’ailleurs, j’ai demandé à Balik s’il pensait éventuellement à une chanson québécoise que le groupe pourrait reprendre lors d’un de ses passages au Québec. Je me trouvais bien maline d’avoir pensé à ça, mais je n’ai malheureusement pas pu avoir la satisfaction d’obtenir une réponse légendaire. 

Cela dit, si l’envie leur en prend et qu’ils décident de revenir l’année prochaine, je suis bien partante pour une version reggae de La complainte du phoque en Alaska. Le défi est lancé…

Oh oui, je ne vous ai pas dit. Tant qu’on est dans la catégorie « je me trouve maline à poser des questions en entrevue », j’en ai profité pour demander à Balik quelle était la question qui était posée le plus souvent au groupe. Eh bien, figurez-vous que la colle classique, c’est celle de l’origine du nom du groupe. 

Il avait plutôt l’air content que je ne lui pose pas la question, mais étant donné que les mots fatidiques de « pourquoi Danakil » avaient été lancés, j’ai eu le droit à une petite explication. Danakil est donc le nom de l’endroit le plus chaud sur terre, un désert en Éthiopie. Trouvé au dernier moment pour afficher des flyers, le nom avait au début un statut temporaire. Comme quoi parfois, les choix de dernière minute peuvent être les meilleurs.


Pour le mot de la fin, quoi de mieux qu’un big up pour la Réunion … 
« La Réunion ça a vraiment été une grande surprise. On a joué à la Ravine de Saint-Leu, c’est un lieu formidable. Il y a plein de gens qui sont sur les hauteurs des falaises qui entourent la scène, qui allument des feux, qui mettent l’ambiance. Et du coup quand les gens applaudissent et crient à la fin d’un morceau ça résonne dans la ravine. J’ai vraiment adoré. Et puis on n’avait pas de jauge, on n’était jamais venus. […] Donc on a essayé d’y aller un peu par nos moyens et ça a été une super surprise de voir qu’il y a eu entre 1700 et 2000 personnes. C’était super, on ne savait pas, on pouvait se retrouver avec 300 personnes quoi. Donc, la Réunion, super petite île, on a passé huit jours là-bas, c’était vraiment ultra. Je ne connaissais pas et j’y retournerai le plus vite possible. »


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CHRONIQUEUSE

Étudiante à la maîtrise en communication, Sklaerenn est la digne héritière d'un humour familial bien particulier, parle de nombreuses langues, mais maîtrise particulièrement le sarcasme et l'ironie.
15 h 02 / by / 0 Comments

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