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24 sept. 2015

À la rencontre de Vittorio

Je ne m’attendais pas à faire cette rencontre à nouveau et pourtant ce matin, alors que j’y vis depuis plus de cinq ans, j’ai redécouvert Montréal. Je dois vous avouer une chose : il n’y a encore que quelques semaines, je ne connaissais pas Vittorio Fiorucci.

Avec mes certitudes de migrant, je me disais qu’au bout de cinq ans, on a tout vu ou du moins que l’on a vu ce qu’il y avait à voir là, tout de suite, dans l’immédiateté de l’instant. Et pourtant…

©Musée McCord
Du 25 septembre 2015 au 10 avril 2016, le Musée McCord nous propose une exposition temporaire intitulée Montréal dans l’œil de Vittorio (1). Vittorio Fiorucci est un immigré d’origine italienne né en 1932 à Zadar, une région qui à l’époque s’appelait Zara et qui appartenait à l’Italie avant de devenir croate.

En 1951, il a 19 ans, il s’installe à Montréal. Il le dit lui-même; il se destinait à l’écriture. Cependant, il ne maîtrisait à l’époque aucune des deux langues officielles de son pays d’adoption. Il s’oriente alors vers une carrière d’affichiste et, dès le milieu des années 60, est reconnu comme un artiste montréalais talentueux. 

Vittorio est autodidacte. Cela se voit dans son œuvre. C’est justement ce qui est rafraîchissant chez lui. Il n’obéit à aucune mode, à aucun code. Il est seul maître à bord. Parfois satirique, souvent insolent, mais toujours drôle, il nous entraîne dans un Montréal cosmopolite et coloré. Le regard acéré, il a le génie des choses simples : des couleurs primaires, très vives, des formes, juste assez pour qu’elles donnent du sens et justement … le sens de la formule. 

Vittorio est un conteur. Quand on regarde ses affiches, on comprend qu’il n’a pas abandonné l’idée de raconter des histoires. Chacune est un récit. On découvre, en regardant son travail, un Montréal qui nous est à la fois familier et étranger.

Vittorio est un passionné. Il ne suffit pas de le dire, son travail en témoigne. À la fois photographe, dessinateur, bédéiste, il s’intéresse à tout, il touche à tout. Passionné, il l’est : de voitures, de musique, de photographies, de femmes, de Montréal. Encore et toujours Montréal comme ultime crédo de son œuvre.

©Musée McCord
Certains pourraient regretter un éclairage tamisé qui assombrit l’exposition. Cela donne cependant à l’œuvre de Vittorio un caractère intimiste. On se sent en tant que visiteur entrer dans les secrets de l’artiste. Il devient, le temps de la visite, celui qui nous tient la main, celui qui nous raconte Montréal. 

(1) Le titre dans la version anglaise diffère quelque peu. Il devient : Montreal through the eyes of Vittorio, ce qui littéralement signifie Montréal à travers les yeux de Vittorio. Il y a là de la part du musée et du commissaire de l’exposition Marc H. Choko une volonté de rester fidèle au sens de l’exposition : Vittorio s’est inspiré de Montréal et lui-même a eu une influence sur celle-ci.

Exposition temporaire jusqu'au 10 avril 2016
Prix d'entrée régulier: 20$
CHARLES AMMOUN, collaborateur invité.

19 h 38 / by / 0 Comments

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